Foncier au Mali : La sensibilisation sur la Loi Foncière Agricole est indispensable pour prévenir les conflits.

mardi 23 juin 2026 – par Aicha Koné

Face à la multiplication des tensions liées à la terre, l’Union des Associations et Coordinations d’Associations pour le Développement et la Défense des Droits des Démuni.es (UACDDDD) dite l’UNION invite les autorités publiques, les partenaires internationaux et les acteurs communautaires à intensifier les actions de vulgarisation de la Loi Foncière Agricole (LFA) et son décret d’application. Pour l’organisation, une meilleure connaissance des textes fonciers constitue un levier essentiel pour l’apaisement social, la cohésion communautaire et le développement durable.

Au Mali, la question foncière reste au cœur de nombreuses tensions sociales dans les zones rurales, périurbaines et urbaines. Conflits entre agriculteurs et éleveurs, litiges entre communautés et investisseurs, occupations contestées des terres ou encore spéculations foncières alimentent régulièrement les crises locales. Dans ce contexte, l’UACDDDD estime qu’il devient urgent de renforcer les campagnes de sensibilisation autour de la Loi Foncière Agricole, adoptée le 24 Décembre 2017, ainsi que son décret d’application en 2018.

Pour l’organisation, cette loi peut représenter une avancée dans la sécurisation des droits fonciers des communautés et dans la prévention, la gestion des conflits liés à la terre. Toutefois, l’UACDDDD constate que beaucoup de citoyens, notamment dans les villages et communes rurales, connaissent encore très peu les dispositions prévues par ce cadre juridique. Selon l’UACDDDD, cette méconnaissance fragilise les efforts de prévention des conflits et limite l’efficacité des mécanismes mis en place par l’État Malien. « Plusieurs tensions naissent simplement d’un manque d’information ou d’une mauvaise compréhension des Droits et Devoirs des différents acteurs », explique Mme Aichata Kone, Militante et Chargée de Communication et Coordinatrice Genre l’UACDDDD.

L’UNION appelle ainsi les autorités gouvernementales, les collectivités territoriales, les services techniques, mais aussi les partenaires techniques et financiers, à accompagner davantage les initiatives de vulgarisation de la Loi Foncière Agricole. L’organisation plaide pour des campagnes communautaires de proximité, des émissions radios en langues nationales, des sessions de dialogue local et des formations destinées aux leaders communautaires, femmes et jeunes. Pour l’UNION, la terre ne peut être réduite à une simple ressource économique. Elle constitue un patrimoine social, culturel et environnemental indispensable à la survie des communautés. « La terre et les ressources qui y sont liées sont indissociables. Lorsqu’il y a injustice foncière, ce sont aussi la paix sociale, l’environnement, la souveraineté alimentaire et l’héritage qui sont menacés », souligne le Secrétaire Général de l’UNION, M. Massa Koné.

Engagée depuis plusieurs années dans la Défense des Droits fonciers et l’accompagnement des communautés affectées par les conflits liés à la terre, l’Union des Associations et Coordinations d’Associations pour le Développement et la Défense des Droits des Démuni.es s’appuie notamment sur les Commissions Foncières Villageoises et de Fractions (COFOV) pour favoriser le dialogue et la médiation locale. Selon l’organisation, les expériences menées sur le terrain démontrent que la sensibilisation et l’implication des populations permettent de réduire les tensions et de renforcer la cohésion sociale.

« La paix foncière ne sera durable que si les communautés se saisissent pleinement de la Loi Foncière Agricole. Sans une appropriation effective permettant d’identifier et de remonter les lacunes de la LFA, les mécanismes de prévention, de gestion resteront incomplets et la paix sociale tant souhaitée ne demeurera qu’une illusion. » prédit le President de l’UACDDDD, M. Sounkalo Koné.
À travers cet appel, l’Union rappelle que la prévention durable des conflits fonciers passe avant tout par l’information, le dialogue et la participation des communautés à la gestion de leurs ressources. Un enjeu majeur pour construire un développement communautaire apaisé et durable au Mali.

Mme Aichata KONE, la Chargée de Communication et Coordinatrice Genre l’UACDDDD /
M. Boubacar K SAMAKE, Assistant en Communication.

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