Longtemps exclues des discussions sur la gestion du foncier, les femmes occupent progressivement une place dans les instances locales grâce aux Commissions Foncières Villageoises et de Fractions (COFOV). Cette avancée est le fruit de la Loi Foncière Agricole, mais également de plusieurs années de luttes et de plaidoyer menées par l’Union des Association et Coordination d’association pour le Développement et la Défense des Droits des Démunis (UACDDDD) autrement connue sous le nom ‘ l’UNION’ à travers la Convergence Malienne contre les Accaparements des terres ‘CMAT’ en faveur d’une gouvernance foncière plus inclusive et équitable.
Dans les communautés rurales du Mali comme ailleurs dans le monde, la terre représente bien plus qu’un moyen de production. Elle est au cœur de la résistance communautaire, la souveraineté alimentaire, de l’économie familiale, de la cohésion sociale, de l’héritage et la dignité. Pourtant, pendant de nombreuses années, les femmes rurales fortement impliquées dans les activités agricoles, n’étaient pas associées aux décisions concernant la gestion des ressources naturelles en particulier la terre, témoigne M. Massa Koné, le Secrétaire Général de l’UNION.
Cette réalité évolue progressivement grâce aux Commissions Foncières Villageoises et de Fractions (COFOV), mises en place dans le cadre de la Loi Foncière Agricole de 2017. Véritables espaces de dialogue communautaire, instances de démocratie de proximité, les COFOVs permettent aujourd’hui aux femmes, jeunes de participer aux discussions sur les questions foncières, de Défendre leurs Droits et de contribuer à la prévention et la gestion des conflits fonciers. Cette évolution n’est pas le fruit du hasard. Elle est également le résultat de plusieurs années de mobilisation de l’UNION, engagée dans la Défense des Droits fonciers des communautés partout au Mali. À travers son leadership au sein de la CMAT, l’organisation a contribué à l’élaboration de la Politique Foncière Agricole et à l’adoption de la Loi Foncière Agricole, qui reconnaît davantage les Droits des communautés et renforce la participation des femmes et des jeunes dans la gouvernance foncière.
Une évolution règlementaire au Mali :
Selon l’article 13 de la LFA, une loi sans équivoque sur le sujet : « L’État et les collectivités territoriales veillent à assurer aux différentes catégories d’exploitants Agricoles et promoteurs d’Entreprises Agricoles, un accès équitable aux terres foncières Agricoles.
Toutefois, au moins 15 % des aménagements fonciers de l’État ou des collectivités territoriales sont attribués aux groupements et Associations de femmes et de jeunes situées dans la zone concernée. »
Au-delà du plaidoyer national, l’UNION accompagne la mise en œuvre de ces dispositions sur le terrain. Dans plusieurs localités au Mali avec l’appui de ses partenaires, l’UNION a contribué à la création de plus de 400 COFOVs en assurant leurs renforcements de capacités tout en prenant en compte l’égalité Genre. Les femmes y occupent désormais une place plus visible dans les mécanismes locaux de concertation, gestion et de résolution des conflits fonciers.
La participation des femmes aux discussions :
« Avant la mise en place de la COFOV, nous n’étions presque jamais consultées lorsque les terres étaient attribuées ou vendues. Aujourd’hui, nous participons aux réunions et notre avis est pris en compte. Nous savons aussi que la LFA protège nos Droits fonciers », témoigne Mme Mariam Coulibaly, membre d’une COFOV.
Mme Aïssata Traoré, maraichère, partage le même constat : « Grâce aux séances de sensibilisation, nous avons compris que les femmes ont aussi des Droits sur la terre. Nous sommes désormais mieux informées et nous participons davantage aux discussions de notre village. »
Les COFOVs une mesure innovante : La création des COFOVs marque une étape importante vers une gouvernance foncière plus inclusive. Toutefois, l’UACDDDD estime que des efforts restent nécessaires pour faire connaître davantage la Loi Foncière Agricole et ses textes d’application, afin que les Droits reconnus aux femmes deviennent une réalité dans toutes les communes rurales, indique Massa Koné.
En donnant aux femmes une voix dans les décisions foncières, les COFOVs ne renforcent pas seulement leur accès à la terre. Elles contribuent également à prévenir, à gérer les conflits fonciers, à consolider la cohésion sociale et à bâtir un développement communautaire plus durable. C’est cette vision que l’UNION continue de porter, convaincue que la paix sociale passe aussi par une gouvernance foncière équitable où chaque citoyen, femme ou homme, peut participer aux décisions qui engagent l’avenir de sa communauté.
Mme Aichata KONE, la Chargée de Communication et Coordinatrice Genre l’UACDDDD /
M. Boubacar K SAMAKE, Assistant en Communication.


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